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Quelles sont les causes de la « crise » politique, économique, identitaire et sociétale française ? Par Natacha Polony et le comité Orwell. 



Les sociétés occidentales sont confrontées à un ennemi mortel. Le totalitarisme islamiste nous a déclaré la guerre. Une guerre d’autant plus sournoise que nos renoncements et nos aveuglements ont laissé l’ennemi prospérer parmi nous. Mais ces renoncements ne relèvent pas que de la naïveté de quelques angélistes prompts à battre la coulpe de l’Occident colonialiste sur le dos des peuples. Il n’y a pas de hasard. Le délitement des communautés nationales dont se nourrit l’islamisme coïncide avec une crise majeure de notre système économique et politique. 

Une crise que le discours officiel tend à nous présenter comme due à la « montée des populismes » qui surfent sur les « peurs » de certaines catégories de la population peu éduquées, plus ou moins xénophobes et rétives à toute « adaptation » à la mondialisation. Or, ce qui nous est présenté comme une cause est en réalité un effet. Cet affaiblissement des États-nations et de leur capacité à intégrer les générations nouvelles à un modèle​ cultuel commun est la conséquence direct du long travail de sape de ceux que ces États-nations dérangeaient parce qu’ils constituaient le principal frein à l’uniformisation des règles du droit et du marché devant faciliter le libre-échange, mais aussi le progrès technologique et l’approfondissement de la démocratie. Tel est bien le cœur du problème : depuis plusieurs décennies, les pays occidentaux vivent une transformation majeure dont le but est d’imposer un modèle de libre-échange total et global, qui n’assume que difficilement son nom de baptême : le néo-libéralisme.

Une idéologie sur laquelle sont venus se greffer le relativisme culturel et le communautarisme. Ce néo-libéralisme comme ce communautarisme ont été non seulement portés par les nouvelles technologies mais diffusés par l’hégémonie politique et militaire globale des États-Unis. Jamais dans l’histoire, en effet, aucun pays ne s’est retrouvé dans la situation des États-Unis depuis 1991. Une puissance militaire telle que l’addition de la totalité des forces armées de tous les autres pays n’égale pas à la moitié de la leur.

Hégémonie, la puissance américaine n’est nullement impériale. Certes, il arrive que les Américains usent de violence hors de leurs frontières, mais lorsqu’ils le font, c’est pour défendre ou espérer défendre leurs intérêts et leurs idéaux. Comme cela est conforme à leur culture de marchands, à leurs idéaux de libre-échange et aussi, il faut le reconnaître, à leurs ruses, la puissance hégémonique mondiale use plus volontiers de ce qu’elle appelle elle-même le  soft power. 

Notre « soft idéologie » trouve ici l’une de ses causes en tendant à faire croire à la disparition du politique, au caractère superfétatoire de la souveraineté populaire ailleurs qu’aux États-Unis. En tendant, surtout, à imposer, par tous les moyens de conviction et de séduction possible, dans la tête des autres peuples du monde, l’idée suivant laquelle l’intérêt politique, économique et militaire des États-Unis correspond au meilleur des mondes possibles.

Les mots ont un sens, la domination passant, on le sait depuis George Orwell, par la manipulation du langage (1). Si vous n’êtes pas pour l’ouverture, c’est que vous êtes pour la fermeture, le repli sur soi. Vous vous interrogez sur les conséquences des flux migratoires ? Vous êtes un xénophobe. Si vous n’êtes pas un libéral à tous crins, c’est que vous êtes un partisan de l’autoritarisme, antichambre du fascisme. Vous dénoncez les inégalités ? Vous êtes un socialiste, pire même, un communiste. Les confusions linguistiques volontaires contribuent à empêcher toute remise en cause d’une évolution qu’on veut nous faire croire naturelle, inéluctable et non amendable.

Cette manipulation linguistique est encore plus marquée en France où l’on n’hésite pas à transformer les mots de la doxa anglo-saxonne. Il en est ainsi de la mondialisation, traduction par nos élites, de ce qu’on appelle outre-Atlantique la globalisation. Celle-ci correspond à la vision d’un monde global réuni autour de mêmes normes, de mêmes règles, de mêmes principes. La globalisation, qui rime avec uniformisation, est la matrice du modèle social, économique et politique, inspiré de Milton Friedman, développé depuis plus de quatre décennies aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans le monde occidental. 

La mondialisation, c’est autre chose. Personne ne peut y être opposée. Il s’agit, grâce aux technologies, aux moyens de communication, toujours plus performants depuis l’Antiquité, de découvrir les autres, de s’enrichir de leurs apports et réciproquement. La mondialisation c’est la reconnaissance de l’Autre qui, en retour, doit respecter vos us et coutumes et votre culture. La mondialisation, c’est l’échange dans la diversité. L’objectif n’est pas de faire disparaitre les langues dans un sabir commun au rabais, le « globish », mais de faire en sorte que le plus de monde possible parle le maximum de langues. Oui, la mondialisation s’accompagne et se nourrit des échanges. De biens, de services, de personnes et de capitaux. Mais à une condition : que ces échanges ne soient pas faussés par les manipulations monétaires, le jeu des multinationales, la course au moins-disant, social, fiscal, environnemental. Or, c’est précisément cette dérégulation monétaire et cette quête du moins-disant qui sert, depuis plus de quarante ans, de base au nouveau cycle du capitalisme.

(1) : Voire la vidéo sur la Novlangue et sa signification:  

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6 commentaires sur “Quelles sont les causes de la « crise » politique, économique, identitaire et sociétale française ? Par Natacha Polony et le comité Orwell. 

  1.  »Une puissance militaire telle que l’addition de la totalité des forces armées de tous les autres pays n’égale pas à la moitié de la leur. »
    Sachant bien qu’il y avait un point avant cette phrase, je veux dire que la phrase n’est pas tronquée, quelqu’un peut m’expliquer la règle qui engendré ce  »leur » final? Merci

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    1. Ma question n’incrimine personne en particulier, elle n’est pas question de choquant ou pas, non plus. les règles du français exige de l’auteur d’utiliser sienne en lieu et place de leur. Natacha a occupé longtemps le rôle de critique tout genre chez on n’est pas couché. Elle n’aurait jamais laissé passer des fautes de ce genre à un autre auteur.

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    2. Si vous voulez épurer le texte des coquilles, sachez que j’en ai trouvé 11:
      1) Le totalitarisme islamistes (islamiste adjectif donc au singulier)
      2) angélistes prompt (prompts adjectif donc au pluriel)
      3) xénophobes et rétive (rétives adjectif donc au pluriel)
      4) la conséquence direct (directe adjectif donc au féminin)
      5) parcequ’ils (parce qu’ils)
      6) ont été non seulement porté (portés au pluriel)
      7) par la manipulation du language (langage)
      8) tout crins (tous crins, tous au pluriels)
      9)Personne ne peut y être opposé (opposée adjectif s’accorde avec personne au féminin)
      10) toujours plus performant (performants au pluriel s’accorde avec moyens et technologies)
      11) les manipulations monaitaires (monétaires)

      Bien à vous.

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