Féminisme intellectuel·Ma religion

S’il faut rendre hommage à la pugnacité des mouvements féministes européens et à leur audace dans ce combat inégal, on ne peut pas louer autant leur mémoire, par Wassyla Tamzali. 

Combien sommes nous ? Combien étaient elles le 26 août 1970 à l’Arc de Triomphe de Paris, les féministes françaises, quand elles déposèrent une gerbe « À la femme inconnue du soldat, les femmes en lutte » ? Certaines oublient que, comme nous aujourd’hui, elles ne représentaient pas toutes les femmes. S’il faut rendre hommage à la pugnacité des mouvements féministes européens et à leur audace dans ce combat inégal, on ne peut pas louer autant leur mémoire. Elles ont oublié leurs combats. Elles ont construit, contre vent et marée, contre les apparences, contre les représentations, contre toute une culture séculaire, contre des femmes aussi, une pensée qui fut capable de remettre en question l’ordre patriarcal dans ce qui fondait son système : la domination du corps des femmes et le contrôle de leur sexualité. Le combat fut rude, elles étaient peu nombreuses mais têtues. 
N’a t-on pas dit, en ces temps héroïques, à celles qui défilaient à Naples, Rome, en criant : « ne’madre, ne’puttana » :  » vous ne représentez pas les femmes italiennes » ? Ne leur a t-on pas dit, et redit :  » Non, vous ne représentez pas les femmes » à toutes les autres qui scandaient en Europe, en Amérique du Nord : « mon corps est à moi, c’est à moi de décider ! » ? Les vociférations des pro-life ou les condamnations solanelles du pape n’ont pas remis en cause leurs convictions sur le bien fondé de ce principe. Elles n’ont pas renoncé à réaffirmer, chaque fois que c’était nécessaire, que le droit des femmes à disposer de leur corps n’était pas négociable parcequ’il était le pivot de la pensée féministe. Et pourtant, devant les hadiths, versets et autres éléments de la culture charaïque brandit dans les meetings, les défilés, les débats, devant le consentement de certaines femmes à dissimuler leur corps, à le « marquer » des signes de la domination patriarcale par le voile, s’agissant des femmes musulmanes, elles relativisent ce principe pour lequel elles se sont battues, un principe qui perdrait tout son sens pour les femmes de culture différente. 

Wassyla Tamzali, une femme en colère : lettre d’Alger aux européens désabusés.

Présentation du livre : 

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