Laïcité·sciences sociales·Société

Les communautés, par Abdenour Bidar.

Notre société, qui isole beaucoup les individus les uns des autres, les rapproche donc aussi, dans le même temps, en les classant et en les regroupant par identités, par appartenances. Mais ce communautarisme est une forme étrange, paradoxale, d’individualisme à plusieurs, et de solitude à plusieurs : on vit isolé, dans la société immense, comme un groupe distinct qui ne fraye pas avec les autres, puisqu’ils n’ont ni les mêmes valeurs, ni le même sacré. Au sein de la « tribu » contemporaine l’individu à seulement l’impression réconfortante d’être bien relié aux autres. Car la force même du lien qui le relie à son petit groupe le sépare de tous les autres ! Il est par conséquent à moitié socialisé, puisqu’il l’est toujours d’une façon qui à la fois l’inclut socialement et l’exclut socialement en le « rivant » à un groupe qui a en quelque sorte fait sécession vis à vis de la société entière, enfermant tous les « je » dans le même moule : la tribu, identité ou communauté sociale forme un « nous » sans altérité interne, un « nous » ou tous ont le même « je » ! Je considère cela comme « la malédiction de l’identité » notion qui donne le sentiment d’être quelqu’un, et d’appartenir à une identité sociale, mais au prix de cette sécession et de cette uniformisation. 

Abdenour Bidar, Les Tisserands.  

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