Fanatisme·Philosophie·Société·Spiritualité

Le retour du religieux, par Abdenour Bidar. 


Les générations qui arrivent veulent trouver du sens à leur vie et lui en donner – pas se contenter de la gagner. Elles cherchent des convictions fortes, du sacré partageable ou de l’idéale universel vécus comme tel dans de grands rassemblements, de grandes occasions d’être ensemble, de fraterniser ou de communier.  Elles sont en demande de tout ce qui ranime la flamme de l’espérance personnelle et de tout ce qui rassemble les peuples par delà les vielles frontières. Comment donc allons nous aider les jeunes consciences de notre temps à nourrir leurs aspirations à plus de sens ? Qu’avons nous a leur apporter ? Où sont aujourd’hui les éducations au questionnement sur le sens de la vie ? Comment allons-nous faire pour qu’en la matière nos jeunesses se soient pas tentées de revenir à des traditions religieuses de moins en moins adaptées au temps présent ? Comment allons-nous éviter durablement que certains se radicalisent en écoutant les sirènes de tel ou tel jihad (prétendue « guerre sainte »)? 

On aurait tord de penser, au sujet de ces « jeunes radicalisés », qu’ils sont des cas isolés. Ils sont, certes, un exemple extrême, mais ils sont également très révélateurs de ce qui manque aujourd’hui cruellement à notre jeunesse : quelque chose de grand à quoi consacrer sa vie, un ou des idéaux qui susciteraient des convictions fortes, un ou des grands récits qui réenchanteraient l’existence en ouvrant devant nous un horizon d’espérance, de sens profond, de fraternité ou de communion sans frontières ! Au lieu de cela, nous avons le vide, l’absence de projet de civilisation capable de rassembler au delà des barrières de religions, de tribus sociales, de la divergence des intérêts et des centres d’intérêt. Comment s’étonner dès lors que Daesh profite de ce vide, Daesh et toutes les radicalisés religieuses, du simple néoconservatisme jusqu’à l’intégrisme le plus obtus ? Tout ces marchands d’obscurantisme font ce que nous ne savons plus du tout faire. Ils produisent de grands récits, invoquent de grandes images, fabriquent des mythologies, suscitent de grandes espérances : la « guerre sainte » des pieux et des justes contre un monde matérialiste et impie, l’obéissance, illuminé par la foi, à la volonté des dieux, le triomphe final du bien lors du jugement dernier, la fraternité sans frontières d’une communauté de croyants, etc. En cette période de famine idéologique, la « boîte à outil » religieuse revient naturellement pour fournir du sens, du prêt-à-penser du prêt-à-espérer. 

Abdenour Bidar, les Tisserands.

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