Fanatisme·Laïcité·Ma religion·politique

Islam de Paix. 

Le monde musulman est en souffrance. Jamais, depuis les débuts de l’islam il y a quatorze siècles, il n’a été traversé par autant de violences et par autant de déchirements que de nos jours. Jamais un fanatisme d’une telle ampleur ne s’est emparé d’un si grand nombre de ses membres. Certes, les tragédies de l’Afghanistan, du Pakistan, de l’Irak, de la Syrie ou du Mali, pour ne parler que des situations actuelles les plus criantes, ont des causes multiples dont ne sont pas responsables seulement des musulmans. Mais il n’en reste pas moins vrai que toute une pensée musulmane moderne, qu’elle ait des sources wahhabites ou qu’elle soit liée au courant de pensée des Frères musulmans, favorise l’éclosion, la diffusion et la multiplication de pareilles horreurs par les discours et les comportements totalitaires, intolérants et sectaires qu’elle produit. Les talibans d’Afghanistan et du Pakistan, les crimes d’Oussama Ben Laden et de ses disciples, les Groupes islamiques armés algériens, les différentes succursales d’Al-Qaïda agissant en différents lieux du monde, la secte sanglante de Boko Haram au Nigeria sont les enfants monstrueux du wahhabisme saoudien. De même, quand les institutions judiciaires d’États comme le Pakistan ou le Soudan condamnent à mort des personnes accusées de blasphème ou d’apostasie, les savants et les leaders religieux du monde entier (dont, parmi eux, les très influents théoriciens et prédicateurs des Frères musulmans) ne peuvent pas être exonérés de toute responsabilité car ils avalisent généralement l’existence de ces législations et de ces pratiques liberticides. La majorité des musulmans, heureusement, ne retrouve pas « son » islam dans cette actualité terriblement meurtrière qui occupe la scène mondiale sans discontinuité depuis près de quarante ans. Le décalage est grand entre l’islam de la plupart des fidèles du Coran, et celui qui cherche à s’imposer théologiquement et politiquement depuis quelques décennies, profitant de la manne inestimable que procurent à certains États islamiques (Arabie Saoudite, Qatar…) et à certaines organisations transnationales les royalties du pétrole et du gaz. Mais comment faire entendre cet « autre islam », celui de l’abandon paisible et pacifique en Dieu, celui qui s’émerveille de la beauté de l’univers, qui cultive la conscience de la valeur sacrée de toute vie humaine, et qui conjugue amour du Créateur et amour des hommes ? Comment permettre que s’affirme et que triomphe cet « islam de paix » qui devrait être le seul nom de l’islam ? À ceux qui, de plus en plus nombreux en Occident, en doutent, il convient de faire savoir, en tout cas, que cet islam-là existe, et que c’est à lui qu’il faut faire place. C’est lui qui doit être mis en valeur, promu, encouragé. Certes, il n’a pas de pétrole ou de gaz à nous vendre. Il ne cherche pas à acheter nos armes, nos silences sur les droits de l’homme et les complaisances de nos hommes politiques. Il ne dispose pas de fonds qui peuvent lui permettre d’acquérir de grandes entreprises plus ou moins en déroute, des parcs immobiliers, des chaînes de télévision ou des clubs de football. Mais il est riche de spiritualité et d’humanité.

Christian Delorme.

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