Fanatisme·Ma religion·Spiritualité

La prière par Shams de Tabriz.

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**Permettez moi de vous raconter une histoire.

Un jour, Moïse marchait seul dans les montagnes, quand il vit un berger, au loin. L’homme était à genoux, les mains levées vers le ciel, en prière. Moïse fût enchanté. En s’approchant, il fût aussi frappé d’entendre la prière du berger.

« Oh, Dieu tant aimé ! Je T’aime plus que Tu ne peux l’imaginer. Je ferai n’importe quoi pour Toi. Tu n’as qu’à demander. Même si Tu me demande d’égorger le plus gras des moutons de mon troupeau en Ton nom, je le ferai sans hésitation. Tu le fera rôtir et Tu mettra la graisse de sa queue dans ton riz pour lui donner du goût. »

Moïse s’approcha davantage pour écouter attentivement.

« Après, je Te laverai les pieds et Te nettoierai les oreilles et je te retirerai tes poux. Je t’aime à ce point. »

En ayant entendu suffisamment, Moïse interrompit le berger en criant:  » Que crois tu faire ? Crois tu que Dieu mange du riz? Crois tu que Dieu à des pieds que tu peux laver? Ce n’est pas une prière c’est du pur blasphème. »

Stupéfait et honteux, le berger s’excusa à profusion et promis de prier comme le faisaient les gens bien.

Moïse lui apprit plusieurs prières, cette après-midi-là. Puis il passa son chemin très content de lui. Mais cette nuit là Moïse entendit une voix. C’était celle de Dieu.

« Oh, Moïse, qu’à tu fais? Tu as morigéné ce pauvre berger sans comprendre à quel point il m’était cher. Peut être ne disait il pas les bonnes choses de la bonne manière, mais il était sincère. Son coeur était pur, ses intentions louables. Il me donnait satisfaction. Ses mots étaient peu être blasphématoires à tes oreilles, mais aux miennes c’était un doux blasphème. »

Immédiatement, Moïse compris son erreur. Le lendemain, tôt le matin, il retourna dans les montagnes voir le berger. Il le trouva à nouveau en prière, sauf que, cette fois, il priait comme il le lui avait apprit. Dans son désir ardent de bien dire la prière, il bafouillait, privé de l’excitation et de la passion de son ancienne manière. Regrettant ce qu’il avait fait, Moïse tapota dans le dos du berger et lui dit:  » Mon ami, j’ai eu tort. Je te prie de m’excuser. Continu a prier à ta manière. C’est d’autant plus précieux aux yeux de Dieu. »

Le berger n’en revint pas d’entendre cela, et son soulagement fût profond. Il ne voulu pourtant pas revenir à ses anciennes prières. Il ne respecta pas non plus les prières formelles que Moïse lui avait enseignées. Il avait trouvé une nouvelle manière de communiquer avec Dieu. Bien que satisfait et béni dans sa dévotion naïve, il avait dépassé ce stade, il était au-delà de son doux blasphème.

Vous voyez, il ne faut pas juger la manière dont les autres communique avec Dieu. À chacun sa voie, à chacun sa prière. Dieu nous juge pas sur nos paroles. Il lit plus profondément dans nos cœurs. Ce ne sont ni les cérémonies ni les rituels qui font la différence mais la pureté de nos cœurs.

Shams de Tabriz dans soufi mon amour de Elif Shafak.

 

Vidéo de présentation du livre :

 

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