Fanatisme·Ma religion·Spiritualité

L’islam religion de tolérance, de paix, de respect et vecteur d’humanisme.

Face aux effets destructeurs de la propagande djihadiste, il convient de rappeler que les valeurs de l’humanisme, tout comme le progrès scientifique, n’appartiennent pas à une culture et ne sont pas protégées par un quelconque brevet. Il faut comprendre en profondeur que ces valeurs sont inhérentes aux cultures humaines malgré leurs différences extérieures.  Les musulmans à cet égard, ont la chance d’appartenir à une culture de l’écrit, une culture ayant développé de façon naturelle la réflexion sur l’épanouissement de l’être humain. Si nous voulions présenter au monde ce que l’islam a d’original eu égard aux valeurs de l’humanisme, nous n’aurions pas besoin d’une exégèse habile ou torturée.

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Religion de l’humain 

L’islam considère que l’être humain est foncièrement bon selon l’acceptation dans l’érudition religieuse du concept de « Nature originelle » (fiṭra). Celle-ci renvoie avant tout à une disposition innée et prénatale conférant à l’être humain une sorte de nature première pure et nécessairement positive. Avant même qu’une quelconque causalité n’affecte son parcours sur Terre, l’être humain de par cette fiṭra dont est gratifiée sa nature est ainsi directement capable de tenir le bon pour bon et le vrai pour vrai. 

Telle est la conclusion à laquelle conduit l’histoire de Ḥayy ibn Yaqẓān, de l’Andalou Ibn Ṭufayl (Xe s), laquelle relate le parcours initiatique d’un enfant abandonné sur une île déserte mais qui parvient à reconnaître l’existence et l’unicité divine au moyen d’un raisonnement scientifique et philosophique. La paternité possible du personnage de Hayy sur le Robinson Crusoé mis en scène par Defoe au XVIIIe siècle a d’ailleurs été largement discutée, car le texte d’origine arabe entendait beaucoup moins investir les moyens de l’exotisme que ceux de la théologie spéculative.

Religion de l’universel

L’islam dénonce le découpage racial des humains et la perversion épistémologique consistant à connecter les races aux nationalités, civilisations et religions. L’évocation d’égarements sanguinaires tels que le massacre des indiens d’Amérique et le nazisme nous rappelle que l’islam a tranché cette question par le verset « des peuples et des tribus » en instaurant une égalité absolue entre les hommes n’eût été la vertu de piété (taqwā) : 

« Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous vous avons répartis en peuples et en tribus, pour que vous fassiez connaissance entre vous. En vérité, le plus méritant d’entre vous auprès de Dieu est le plus pieux. Dieu est Omniscient et bien Informé » (Coran : XLIX – 13).

Le Prophète est en outre « Prophète de l’humanité » ainsi que l’affirme son sermon de l’adieu: « Nulle vertu n’élève un Arabe au-dessus d’un non–Arabe (‘ajamī) ni un blanc au-dessus d’un noir en dehors de la vertu. Vous venez tous d’Adam et Adam venait de la terre ». (Rapporté par Abou Daoud)

Une galerie de personnages non arabes ont marqué l’histoire de la jeune société musulmane de Médine : Bilal l’Abyssin, Suhayb le Byzantin, Salman le Persan. Tous honorés pour leurs œuvres loin au-dessus de maints chefs de tribus arabes qui pourtant se targuaient de leur ascendance noble (nasab).

Religion de l’altruisme

L’islam est une religion qui pousse activement à la générosité car elle attend de l’homme qu’il s’accroche aux principes de bien jusqu’à ce que sa famille et ses proches atteignent la paix. L’expression « sanābil » (épis de blé) évoquée dans la sourate Al-Baqara verset 261 est, à cet égard, édifiant : « Ceux qui dépensent leurs biens pour la cause de Dieu sont à l’image d’un grain qui produit sept épis contenant chacun un grain. C’est ainsi que Dieu multiplie sa récompense à qui Il veut, car Dieu est Omniprésent et Omniscient » (Coran : II – 261). 

On la retrouve également dans la sourate Yūsuf (sourate XII) avec deux idées-axes pour valeurs sémantiques. « Et le roi dit: « En vérité, je voyais (en rêve) sept vaches grasses mangées par sept maigres; et sept épis verts, et autant d’autres, secs. Ô conseil de notables, donnez-moi une explication de ma vision, si vous savez interpréter le rêve ».(Coran : XII- 43)

« Alors [Joseph dit]: «Vous sèmerez pendant sept années consécutives. Tout ce que vous aurez moissonné, laissez-le en épi, sauf le peu que vous consommerez ». (Coran : XII : 47)

La première est l’idée de la récompense divine qui multiplie toujours au centuple les efforts de la générosité humaine (al-infāq : l’action humaine est le grain originel et la récompense divine est l’épi). La seconde est celle de la bonne gestion des biens et des responsabilités incombant aux individus pendant leur vie terrestre (image des grains stockés dans le silo).

Religion de l’écologie

L’un des fondamentaux du message coranique incite de replacer en permanence l’humain au centre des activités humaines, et ceci – comme il apparaît dans la tradition exégétique du tafsīr – même dans le rapport qu’entretient l’homme à son environnement. Dans ce sens, l’écologie « islamique » tout comme l’écologie humaniste incite à mieux situer la place et le destin de l’humanité dans son environnement. 

En effet, l’islam, par la voix du Coran, recommande de veiller à l’équilibre permanent de tout ce qui entoure l’humanité, d’où les injonctions d’ailleurs à la méditation sur les fameux versets universaux (ayāt kawniyya). Ce concept que renferme le terme de « balance » (mīzān) suggère que le développement économique pour libéral et libéré qu’il soit en islam, ne doit pas devenir une machine à broyer l’environnement. 

Les droits de l’humain sont affirmés avec évidence dans le Coran et parfois dans une simplicité que nous ne remarquons pas. Ainsi, par exemple, le droit à vivre et être nourri. N’avez-vous pas été frappés de l’insistance avec laquelle le Coran et les hadiths appellent à nourrir les pauvres et les nécessiteux ? 

« Mangez-en et nourrissez les pauvres et les indigents ». (Coran : XXII-27). 

« Libérez les prisonniers de guerre, nourrissez les pauvres et rendez visite aux malades »  (Rapporté par al-Bukhari)

Le penseur musulman américain Mark Hanson en a même fait l’une de ses thématiques favorites lorsqu’il rappelle que la Oumma est fondamentalement la nation qui a le devoir de nourrir les autres. Or, ce système de valeur est aussi celui qui place le commerçant et son activité au rang des hommes élevés et des martyrs. Nous voyons ici comment l’islam exige à la fois des individus un extrême dynamisme de profit (commerce, tiǧāra), en même temps que la pratique d’un extrême altruisme. 

Bien avant Pierre Rabhi, des penseurs musulmans comme l’Allemand Fridjof Shuon se sont intéressés à la problématique de l’écologie. Dès 1968, l’un des premiers écrits de Seyyed Hossein Nasr, professeur à l’université de Philadelphie, expliquait justement la crise écologique en la connectant à la crise spirituelle de l’homme en puisant dans des références telles que le taoïsme, l’hindouïsme, le bouddhisme, le christianisme et l’islam. 

Combien de non musulmans ont des réactions d’étonnement et de souffle coupé en apprenant que dans la couche spirituelle de cette dualité développement-altruisme, l’islam considère que la richesse d’un capital ne peut être enrichie si elle n’est pas accompagnée par la générosité à l’endroit des nécessiteux, à l’image d’un court d’eau dont la vivacité est liée à son perpétuel mouvement et aux terres qu’ils vivifient. Si nous connectons cette thématique aux problèmes de la faim dans le monde, ou la frénésie de création de richesse basée sur du vide telle que la pratique le système financier mondial, nous voyons qu’il y a des réflexions de fond à conduire.

Religion de droiture et de tolérance

La religion musulmane s’auto-qualifie sur le plan de la littérature doctrinale et juridique de « al-ḥanafiyyatu al-samḥa » ce qui signifie « religion de droiture et de tolérance ». Le terme de ḥanīf/ ḥunafā’ a une grande importance dans le discours identitaire de la communauté musulmane à l’aune de deux critères : il est un des qualificatifs réservés à Abraham dans le Coran ; il est censé désigné dans la société arabe antéislamique une catégorie de personnages dont la foi sincère était embarrassée par la situation cultuelle du monde religieux environnant : judaïsme, christianisme, paganisme… entachée de déformation, de pharisaïsme ainsi que d’associationnisme évidemment. 

Ces hommes appelés ḥunafā’ étaient en particulier associés à la pratique de retraite spirituelle en pleine nature, animés d’une quête de guidance à travers « les versets universels (āyāt kawniyya) » ceci en l’absence de guidance révélée de forme scripturaire (āyāt qur’āniyya). Nous voyons que ce discours interne à la sphère musulmane dessine en fin de compte un archétype d’humain prédisposé à recevoir la future révélation coranique marqué par des références communes multiples au premier rang desquels figure l’héritage des religions monothéistes. 

Religion de savoir

En islam, la recherche du savoir a le statut d’obligation individuelle (farḍ ‘ayn) pour un musulman, aux simples critères de la compréhension de sa religion (« lā yu‘badu-llāhu ‘alā ǧahl »). 

« La quête de la science est une obligation pour tous musulmans et musulmanes ». (Rapporté par Al-Bayhaqi)

C’est ainsi que l’islam appelle à la recherche du savoir par un autre hadith à caractère fondateur et considéré comme authentique (ṣaḥîḥ) : « Les Savants sont les héritiers des Prophètes » Rapporté par Abu Daoud)

Sur un plan historique, l’islam fut un pilier intellectuel majeur de la civilisation arabo-musulmane classique. Avicenne (Ibn Sina), Al-Khawarizmi, Abu Bakr Al-Râzî, Al-Bîrûnî, Averroès (Ibn Rushd), Ibn al-Haytamî ou encore Al-Farābī ont indéniablement contribué à l’essor de la civilisation arabo-musulmane. Notre propos nous pousse d’ailleurs à reconnaître l’islam comme un véhicule de la connaissance humaine dans la pensée, dans l’art, en particulier les sciences de la médecine, de l’astronomie, de la chimie, de l’optique (basariyyat), de l’algèbre, de l’art vétérinaire, de l’art botanique, de la géographie, de l’océanographie, de la littérature, de l’histoire, etc. 

Quand on se saisit de la bibliothèque des exégèses (tafāsir) sur ce point, l’un de ces versets est celui qui affirme donnant la parole au Créateur : « Nous n’avons omis dans le Livre nulle chose » Coran (VI : 38)

Ce à quoi les fibres chiisantes et soufies ajoutent une sapience assez mystérieuse attribuée à Ali : « La science est un point que les ignorants ont rendu multiple » (Yanābīʻ al-mawaddah). 

Ainsi, l’islam est un système cosmogonique qui pose la connaissance comme étant une donnée présente aux hommes et implicite en eux.

Source : Oumma.com

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