Féminisme intellectuel

La domination masculine

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****La domination masculine, qui constitue les femmes en objets symboliques, dont l’être est un être-perçu, a pour effet de les placer dans un état permanent d’insécurité corporelle ou, mieux, de dépendance symbolique : elles existent d’abord par et pour le regard des autres, c’est-à-dire en tant qu’objets accueillants, attrayants, disponibles.

On attend d’elles qu’elles soient « féminines », c’est-à-dire souriantes, sympathiques, attentionnées, soumises, discrètes, retenues, voire effacées.

Et la prétendue « féminité » n’est souvent pas autre chose qu’une forme de complaisance à l’égard des attentes masculines, réelles ou supposées, notamment en matière d’agrandissement de l’ego.

Pierre Bourdieu.

****La violence symbolique est une violence qui s’exerce avec la complicité tacite de ceux qui la subissent et aussi, souvent, de ceux qui l’exercent dans la mesure où les uns et les autres sont inconscients de l’exercer ou de la subir.

Pierre Bourdieu.

****La domination masculine est tellement ancrée dans nos inconscients que nous ne l’apercevons plus, tellement accordée à nos attentes que nous avons du mal à la remettre en question.

Plus que jamais, il est indispensable de dissoudre les évidences et d’explorer les structures symboliques de l’inconscient androcentrique qui survit chez les hommes et chez les femmes.

Pierre Bourdieu.

****Encore aujourd’hui une des raisons pour lesquelles les adolescents des classes populaires veulent quitter l’école et entrer au travail très tôt, est le désir d’accéder le plus vite possible au statut d’adulte et aux capacités économiques qui lui sont associées : avoir de l’argent, c’est très important pour s’affirmer vis-à-vis de copains et avec les filles, donc pour être reconnu et se reconnaître comme “un homme” .

Pierre Bourdieu,
La domination masculine.

****-Le propre des dominants est d’être en mesure de faire reconnaître leur manière d’être particulière comme universelle.

Pierre Bourdieu,
La domination masculine

Pour toute les sociétés méditerranéenne y compris la notre :

****Tout le fonctionnement social (la division du travail, l’espace, le temps) est organisé sur la base d’une série d’oppositions « homologues », fondées sur la dictinction entre le masculin et le féminin : « haut/bas, dessus/dessous, devant /derrière, droite/gauche, droit/courbe (et fourbe), sec/humide, dur/mou, dehors (public)/dedans (privé), etc.

Ces oppositions qui traversent l’ensemble du monde social portent en ellesun système de valeurs implicite où le masculin l’emporte sur le féminin, qui est incorporé par les individu(e)s, dans l’exercice de leur vie quotidienne.

Et comme « par magie », la domination masculine paraît être « dans l’ordre des choses » :
« La différence biologique entre les sexes, c’est à dire entre les corps masculin et féminin, et tout particulièrement, la différence anatomique entre les organes sexuels, peut ainsi apparaître comme la justification naturelle de la différence socialement contruite entre les genres, et en particulier de la division sexuelle du travail. »

****Cette violence symbolique exerce son emprise non seulement sur les dominé(e)s mais également sur les dominants :
« Si les femmes, soumises à un travail de socialisation qui tend à les diminuer, à les nier, font l’apprentissage des vertus négatives d’abnégation, de résignation et de silence, les hommes sont aussi prisonniers, et sournoisement victimes, de la représentation dominante.
Comme les dispositions à la soumission, celles qui portent à revendiquer et à exercer la domination ne sont pas inscrites dans une nature et elles doivent être construites par un long travail de socialisation, c’est-à-dire, comme on l’a vu de différenciation active par rapport au sexe opposé.

Pierre Bourdieu.

****La domination masculine est tellement ancrée dans nos inconscients que nous ne l’apercevons plus, tellement accordée à nos attentes que nous avons du mal à la remettre en question.

Plus que jamais, il est indispensable de dissoudre les évidences et d’explorer les structures symboliques de l’inconscient androcentrique qui survit chez les hommes et chez les femmes.

Pierre Bourdieu.

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