Alimentation

Les antibiotiques à forte dose dans la viande.

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44% des ventes d’antibiotiques sont destinés aux élevages porcins.
Viennent ensuite les volailles et les bovins avec respectivement 22 et 16%. Dans ces élevages, les antibiotiques sont prescrits pour un usage curatif, préventif et additif.
En effet, ils sont prescrits par un vétérinaire si un animal est malade, mais aussi pour traiter tout un élevage si des individus meurent d’une infection bactérienne contagieuse.
Enfin, certains antibiotiques sont ajoutés à faibles doses dans l’alimentation des animaux sains.
Au total, 50 % des antibiotiques fabriqués dans le monde sont destinés aux élevages : « 50 % des antibiotiques produits dans le monde sont destinés aux animaux, pour les soigner ou favoriser leur croissance et ainsi accroître le rendement en viande ».

( source Institut de Veille Sanitaire).

Ajoutés à la nourriture, les antibiotiques deviennent des additifs alimentaires favorisant la croissance des animaux. Cette pratique concerne la quasi-totalité des porcs, veaux et dindons, les deux tiers des poulets et un tiers des bovins destinés à la filière viande. Leur résultats semblent miraculeux et font le bonheur des éleveurs : les animaux ont moins besoin de manger, grandissent plus vite (gain moyen jusqu’à 9% par jour) et produisent plus de lait dans le cas des vaches ! Une manne financière non négligeable…

Quel rapport entre notre santé et un animal nourri aux antibiotiques ? Les bactéries des animaux peuvent devenir, comme celles des hommes, résistantes aux antibiotiques. Elles se dotent alors d’un gène résistant. Si ces bactéries passent chez l’homme, on ne peut alors plus les éradiquer et donc plus soigner certaines infections. Ce fut le cas dès 1950, ce qui amena la Communauté européenne à interdire aux élevages l’utilisation de familles d’antibiotiques utilisées chez l’homme ; ce qui n’est toujours pas d’actualité aux Etats-Unis.

L’histoire pourrait s’arrêter là mais le problème majeur est le passage inévitable des bactéries résistantes de l’animal à l’homme.
Ce passage s’opère principalement par la chaîne alimentaire. Certaines bactéries qui prolifèrent dans les tubes digestifs des animaux d’élevages, vont finir dans les excréments pour ensuite contaminer les sols, les eaux et parfois nos assiettes lorsque les règles d’hygiène ne sont pas respectées : « les bactéries peuvent ensuite être transmises à l’homme, principalement par l’alimentation.
Elles peuvent être rejetées dans l’environnement avec les excréments animaux, être présentes dans l’eau, contaminer la viande lors de l’abattage et se retrouver dans nos assiettes si la température de cuisson est insuffisante pour les détruire. » (Institut de Veille Sanitaire) Plus rarement, la contamination peut aussi être directe par ingestion si les bactéries survivent à la cuisson. Une fois en contact avec les bactéries de notre flore intestinale, elles peuvent alors leur transmettre le gène de résistance.

Même si certaines études minimisent l’impact de ces pratiques sur notre santé, un rapport parlementaire relève que la France détient le record européen du taux de résistance aux antibiotiques. Aujourd’hui, seuls les élevages répondant aux normes de l’agriculture biologique ou certifiés par des labels n’utilisent pas ces additifs . Les Suédois les ont interdits depuis 1986. Ceci nécessite des techniques d’élevage différentes avec une hygiène plus sévère et a de fait une répercussion sur le prix de la viande. Autant d’arguments qui devraient nous conforter à changer nos habitudes alimentaires.

La France détient le record de résistance aux antibiotiques:

La résistance aux antibiotiques se développe. « Chaque année, 100 000 Américains meurent d’une infection bactérienne contractée à l’hôpital, et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. 70 % de ces infections sont résistantes aux traitements ordinairement utilisés », estime la députée démocrate Louise Slaughter [2], interrogée par The Guardian. La France détient le record de résistance aux antibiotiques en Europe : 50 % pour la pénicilline et 28 % pour la méticilline .

L’Union européenne a réagi en 2006, interdisant la consommation d’antibiotiques pour augmenter la croissance des animaux. En France, plus de 1 000 tonnes d’antibiotiques sont pourtant encore consommées chaque année dans l’élevage. Une étude de l’Agence nationale du médicament vétérinaire évalue la présence d’antibiotiques à 67,7 mg par kg de viande produite. Elle rappelle aussi que les « antibiotiques récents sont généralement plus actifs et nécessitent l’administration d’une quantité plus faible ». L’Allemagne n’est pas en reste, avec ses poulets industriels gavés aux « antibios ».

Malgré cet inquiétant constat, aux États-Unis, l’Agence de l’alimentation (Food and Drug Administration, FDA) vient d’opérer un revirement « consternant ».

Fin décembre, elle est revenue sur une promesse – datant des années 1970 ! – de contrôler l’usage de deux des antibiotiques les plus utilisés : pénicillines et tétracyclines. Les producteurs pourront continuer d’en gaver leurs animaux.

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