Alimentation·Ma religion

#Specisme . Qu’est ce que le Specisme ?

Petite Vidéo d’introduction au sujet : « Le Jugement » avec MagiCJacK : http://youtu.be/NlN4wH3swgU

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Le spécisme :

Le spécisme est à l’espèce ce que le racisme et le sexisme sont respectivement à la race et au sexe : la volonté de ne pas prendre en compte (ou de moins prendre en compte) les intérêts de certains au bénéfice d’autres, en prétextant des différences réelles ou imaginaires mais toujours dépourvues de lien logique avec ce qu’elles sont censées justifier.

En pratique, le spécisme est l’idéologie qui justifie et impose l’exploitation et l’utilisation des animaux par les humains de manières qui ne seraient pas acceptées si les victimes étaient humaines.

Les animaux sont élevés et abattus pour nous fournir de la viande ; ils sont pêchés pour notre consommation ; ils sont utilisés comme modèles biologiques pour nos intérêts scientifiques ; ils sont chassés pour notre plaisir sportif.

La lutte contre ces pratiques et contre l’idéologie qui les soutient est la tâche que se donne le mouvement de libération animale

La raison d’être de l’éthique animale:

Le point de départ, la raison d’être de l’éthique animale est l’existence d’une souffrance animale. Si les animaux ne souffraient pas, s’ils n’avaient pas la capacité de ressentir la douleur, la question de leur statut moral, celle de notre responsabilité à leur égard, ne se poserait pas davantage que pour les arbres, les légumes, les roches ou les rivières.

L’éthique animale réagit directement aux stratégies d’exclusion mises en œuvre dans nos sociétés pour justifier l’exploitation animale et ses abus, tout en minimisant la culpabilité des acteurs et des spectateurs. Ces stratégies, outre l’anthropocentrisme lui-même qui en infériorisant l’animal permet à l’homme de se distancier de lui émotionnellement, se composent notamment de ce qui peut apparaître comme des « discours-alibis » (les alibis historique, alimentaire, économique, thérapeutique, l’appel à la tradition, etc.) et de trois stratagèmes.

Le premier est la négation des torts causés, qui passe d’abord par la dissimulation de la souffrance animale, derrière les portes des laboratoires ou dans les grands baraquements de l’élevage industriel, et ensuite par l’euphémisation, puisque les chasseurs « récoltent », les chercheurs « euthanasient » ce qui n’est jamais que du « matériel biologique » tandis que les abattoirs ne sont que des « unités de transformation d’aliments ». Le terme « euthanasie » est d ‘ailleurs utilisé quand il s’agit de TUER des animaux jeunes, en santé et sans problèmes dans les fourrières, (plus de 300 000 chaque année au Québec), suite à leur abandon par leurs propriétaires désireux de s’en « débarrasser ». Dans tous les cas, et bien d’autres encore, la souffrance animale est dissimulée ou déguisée sous une terminologie plus propre, abstraite, agricole ou mécanique.
Le deuxième stratagème est le découpage des responsabilités, c’est-à-dire la division du travail : « les abatteurs ne sont pas responsables de l’abattage puisque les consommateurs leur réclament de la viande et les consommateurs ne ressentent aucune responsabilité puisque la viande leur arrive dans un petit morceau de plastique d’une façon complètement neutre ». De même les animaux sacrifiés pour l’industrie pharmaceutique ou cosmétiques le sont à la demande des consommateurs qui n’ont aucune idée de ce qui se cache derrière leur pot de crème antirides ou leur pilule contre le cholestérol.
Le troisième stratagème, enfin, est la dévalorisation de la sympathie pour les animaux : il consiste tout simplement à présenter la défense des animaux, ce que l’on pourrait appeler d’une manière large le mouvement « animaliste » dans son ensemble, comme une attitude irrationnelle, sentimentale et juvénile, faible, féminine parfois, ridicule toujours. C’est ainsi que dernièrement, dans un débat télévisé sur la chasse aux phoques, je me faisais traiter par la Sénatrice Céline Hervieux Payette de « mangeuse de carottes et d’éco-terroriste », sous le prétexte que je refuse par compassion depuis près de 30 ans de manger de la viande. Toujours à ce sujet, les chasseurs de phoques sur leur page Facebook me traitent allègrement de « chienne enragée » et de « comédienne pourrie tout juste bonne à licher les oreilles de ses chiens ». Ces injures semblent tout à fait justifiées aux adversaires de la cause animale, pour qui le fait de défendre les animaux est un crime bien plus grave que de les persécuter.

Industries récréatives motivées par le profit

Il existe encore un autre genre de spécisme, celui qui consiste à aimer et à défendre certains animaux (en Occident les animaux de compagnie, chiens chats, oiseaux) mais à trouver normal ou acceptable l’exploitation de certaines autres espèces par l’homme : j’ai déjà abordé le sujet des animaux de ferme ou de laboratoire, mais que penser de ces « amis des bêtes » qui promènent leur chien avec leur manteau orné d’un col en fourrure de coyote (ou de chien si le manteau est fait en Chine), qui emmènent leurs enfants au cirque avec animaux ou à Marineland, qui font des tours de calèches ou assistent à des rodéos, sans imaginer une seconde les souffrances infligées par ce genre d’industries récréatives aux animaux qui y sont exploités ? (il n’y a qu’à penser au martyre des chiens de traîneaux éxécutés à Whistler après les Jeux Olympiques de Vancouver pour comprendre que ces industries sont motivées par le profit et ne sont que rarement respectueuses du bien-être de l’animal).

Le spécisme ou la discrimination de l’espèce :
« On n’a pas deux cœurs, un pour les humains et un autre pour les animaux ; on en a un, ou pas du tout ».

Pour autant, et contrairement à ce qui est régulièrement dit par les persécuteurs d’animaux, les partisans des droits des animaux ne prônent pas l’asservissement des humains, mais souhaitent qu’on traite de manière égale les humains et les animaux, c’est-à-dire que les seconds puissent bénéficier d’une protection légale comparable aux premiers. Malheureusement, les partisans d’une vision réactionnaire et prédatrice de l’humanisme, qui ne voient la dignité de l’humain que si elle s’accompagne du mépris de l’animal, ne veulent pas qu’on respecte les uns comme les autres. À tous ceux là j’adresse cette maxime de Lamartine : « On n’a pas deux cœurs, un pour les humains et un autre pour les animaux ; on en a un, ou pas du tout ».

L’égalité de considération des intérêts:

Si la thèse de l’égalité animale est fondée, quelles en sont les conséquences ? Cette thèse n’implique pas, bien évidemment, qu’il faille accorder aux animaux tous les droits que nous estimons devoir accorder aux humains — par exemple, le droit de vote. La thèse de l’égalité animale défend l’égalité de considération des intérêts, et non l’égalité des droits.

Mais qu’est-ce que cela signifie exactement en pratique ? Il faut ici entrer un peu dans le détail. Si je gifle vigoureusement un cheval sur son flanc, il sursautera peut-être, mais on peut supposer que sa douleur sera faible. Sa peau est assez épaisse pour le protéger d’une simple gifle. Si par contre je gifle un bébé avec la même force, celui-ci pleurera et sans doute souffrira, sa peau étant plus sensible. Il s’ensuit qu’il est plus grave de gifler un bébé qu’un cheval, si les deux gifles sont de même force. Il doit néanmoins y avoir une façon de frapper un cheval — je ne sais pas exactement laquelle, peut-être avec un gros bâton — qui lui occasionnera autant de douleur qu’en occasionne une gifle à un enfant. C’est là ce que j’entends par « même quantité de douleur » ; et si nous considérons qu’il est mal d’infliger sans raison valable cette quantité de douleur à un enfant, alors nous devons, si nous ne sommes pas spécistes, considérer comme tout aussi mal d’infliger sans raison valable la même quantité de douleur à un cheval.

Entre les humains et les animaux il y a encore d’autres différences, qui seront cause d’autres complications. Les humains adultes normaux ont des capacités mentales qui, dans certaines circonstances, les amèneront à souffrir plus que ne souffriraient des animaux placés dans les mêmes circonstances. Si, par exemple, nous décidons d’effectuer des expériences scientifiques extrêmement douloureuses ou mortelles sur des adultes humains normaux, kidnappés à cette fin au hasard dans les jardins publics, alors tout adulte entrant dans un jardin public ressentirait la peur d’être kidnappé. Cette terreur représenterait une souffrance supplémentaire s’ajoutant à la douleur de l’expérience.

La même expérience effectuée sur des animaux non humains causerait moins de souffrance, puisqu’eux ne ressentiraient pas la peur due à l’anticipation de la capture et de l’expérience à subir. Cela ne justifie pas, bien entendu, le fait lui-même d’effectuer l’expérience sur des animaux, mais implique seulement qu’il existe une raison non spéciste pour préférer utiliser des animaux plutôt que des adultes humains normaux, si tant est au départ que l’expérience soit à faire. Il faut remarquer, néanmoins, que ce même argument nous donne aussi une raison de préférer, pour faire des expériences, à l’emploi d’humains adultes normaux l’emploi de nourrissons humains — orphelins, par exemple — ou d’humains mentalement retardés, puisqu’eux non plus n’auraient aucune idée de ce qui les attend. Pour tout ce qui dépend de cet argument, les animaux non humains, les nourrissons humains et les débiles mentaux humains sont dans la même catégorie ; et si cet argument nous sert à justifier l’expérimentation sur des animaux non humains, nous devons nous demander si nous sommes aussi prêts à permettre l’expérimentation sur des nourrissons humains et sur des adultes handicapés mentaux.

Et si nous distinguons ces derniers des animaux, sur quelle base pouvons-nous justifier cette discrimination, si ce n’est par une préférence cynique, et moralement indéfendable, en faveur des membres de notre propre espèce ? Il y a de nombreux domaines dans lesquels les aptitudes mentales supérieures de l’adulte humain normal — ses capacités à anticiper, à se souvenir de façon plus détaillée, à mieux savoir ce qui se passe, et ainsi de suite — font une différence. Mais celle-ci ne va pas toujours dans le sens d’une souffrance plus grande pour l’être humain normal.

Il arrive parfois au contraire que la compréhension limitée qu’ont les animaux puisse augmenter leur souffrance. Si nous capturons un humain, par exemple un prisonnier au cours d’une guerre, nous pouvons lui expliquer qu’il devra subir la capture, la fouille et la détention, mais qu’il ne lui sera fait aucun mal par ailleurs, et qu’il sera libéré à la fin des hostilités. Si par contre nous capturons un animal sauvage, nous ne pouvons pas lui expliquer que nous ne menaçons pas sa vie.

Un animal sauvage ne peut pas distinguer une tentative de le tuer d’une tentative de le maîtriser et de le détenir ; sa terreur sera donc aussi grande dans un cas que dans l’autre. On peut objecter qu’il est impossible de faire des comparaisons entre les souffrances ressenties par des membres d’espèces différentes, et que, par conséquent, quand il y a conflit entre les intérêts des animaux et ceux des êtres humains, le principe d’égalité ne peut nous guider. Il est sans doute effectivement impossible de comparer avec précision la souffrance de membres d’espèces différentes ; mais la précision n’est pas essentielle.

Même si nous ne devions cesser de faire souffrir les animaux que dans les cas où il est tout-à-fait certain que les intérêts des êtres humains n’en seront pas affectés dans une mesure comparable à celle où sont affectés les intérêts des animaux, nous serions obligés d’apporter des changements radicaux dans la façon dont nous les traitons — lesquels changements concerneraient notre régime alimentaire, les méthodes employées en agriculture, les procédures expérimentales utilisées dans de nombreux domaines scientifiques, notre attitude envers la faune sauvage et la chasse, le piégeage des animaux et le port de la fourrure, ainsi que des domaines récréatifs comme les cirques, les rodéos et les zoos. Et ainsi serait évitée une quantité énorme de souffrance.

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