Fanatisme

Défendre Dieu, n’est ce pas nier son existence?

——-Si dieu existait il n’aurait pas besoin qu’on le défende.

Il pourrait aisément s’en charger seul. Un soupçon analogue est opposé aux preuves de l’existence de dieu : vouloir prouver son existence serait ne pas assez éprouver l’évidence de sa présence. Dieu s’éprouve, il ne se prouve pas : voilà ce que répondit Pascal à tous ceux qui voulait mettre Dieu en équation. Le dieu des trois monothéismes est un Etre Suprême, défini par l’infini de sa puissance, de son intelligence ou de son cœur. Prétendre le défendre, c’est donc peut être bien nié sa toute puissance, ou au moins en douter. On comprend alors pourquoi celui qui affirme vouloir défendre Dieu se place dans une situation psychologique intenable, qui risque de le rendre violent. Etre humain fini, il se présente comme le défenseur d’un être aux attributs infinis. Il exprime donc, probablement sans s’en rendre compte, un doute quand à l’existence de Dieu, qui est précisément ce dont il voudra se délivrer dans la violence, au moment de l’éventuelle passage à l’acte. On pourrait alors caractériser le fanatique moins par l’absence total de doute, comme on l’entend souvent, que par le fait qu’il est incapable de supporter le doute en lui, cette incapacité pouvant faire de lui un criminel. Passer à l’acte serait alors une manière de montrer au monde qu’il ne doute pas mais s’il a besoin de le montrer… C’est bien qu’il doute! Au contraire, le croyant « humaniste » serait capable de supporter le doute en lui, ce qui peut être utile pour supporter le doute chez l’autre. Il faudrait aussi distinguer « défendre » Dieu et « agir en son nom ». Si celui qui agit « au nom de Dieu » ne nie pas son existence, il risque d’y perdre son sens critique tout autant que celui qui le  » défend ». Comment pourrait il en être autrement quand l’homme prétend agir au nom d’un être à la fois infini ou absolu et « non démontré » ? Reste bien sur que l’on peut défendre simplement la possibilité de l’existence de Dieu. On peut agir au nom d’un Dieu dont l’existence est simplement possible, et non certaine. On peut défendre une espérance et non une certitude, une possibilité et non une vérité. C’est un assez bon rempart contre le fanatisme. Mais croire ainsi, croire en doutant, faire ce que Kant appelait un usage régulateur et non dogmatique de l’idée de Dieu, est ce encore croire?

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